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Marc Jonas
conseil@chemins-vignerons.com

Le vigneron : cheville ouvrière du tourisme du vin

Combien de virées dans les vignobles au détour d’un voyage pour charger le coffre de la voiture avant le retour : nous vivons le tourisme du vin depuis bien longtemps déjà !

Depuis cet âge devenu mythique, un nouveau secteur d’activité est né : l’œnotourisme.

D’une pratique informelle, nous sommes passés à la professionnalisation. La transition est toujours en cours. Les deux mondes du tourisme et du vin se métamorphosent. Après avoir essuyé les plâtres, accumulé les erreurs et s’être observés avec incompréhension, ces deux mondes passent à une phase plus constructive, avec l’appui bienveillant des autorités nationales.

 

La réglementation tend à organiser un secteur en devenir.

Chacune de ces deux branches posent les premières travées d’un pont qui est en cours de construction.
Mais revenons en aux bases :
– l’œnotourisme est l’expression d’un désir de découvrir le vin dans son pays d’origine.
– le vigneron est celui qui donne naissance à l’objet du désir de nombreux oenotouristes.
– le monde du tourisme est un intermédiaire entre une demande (pays émetteur) et une destination (un terroir, une cave…)

 

Avec A Mathieu vigneron au domaine du même nom à Châteauneuf di Pape

Avec A. Mathieu vigneron au domaine du même nom à Châteauneuf du Pape

 

S’il est indéniable que le client/touriste constitue la source, l’énergie de cette économie fournie par le vigneron représente la matérialité, l’existence de ce nouvel univers touristique. Il est l’âme, le créateur (souvent invisible) de tous ces produits et services que l’on nomme l’œnotourisme.

 

C’est lui l’hôte qui reçoit, c’est lui qui fait les choix qualitatifs (mode cultural, date des vendanges, type d’élevage…), c’est lui qui adapte son patrimoine architectural aux impératifs du tourisme, c’est lui encore, tel le jardinier, qui entretient le paysage.

Il est partout, face au comptable, aux ouvriers agricoles, aux inspecteurs des impôts, aux œnologues…le temps peut souvent lui manquer. Jadis, les horaires d’ouverture étaient aléatoires, selon les travaux à faire. En bon commerçant, il ouvrait ses portes, soirs et week-end, heureux et fier de montrer sa production.

 

Mais les temps on changé : lœnotourisme est né !

Les Français ne constituent plus l’unique public. Les codes sociaux et comportementaux changent au grès des types de visiteurs. Le monde du tourisme arrive, imposant ses propres contraintes et méthodes de travail. Le monde s’est globalisé. La présence d’internet et des réseaux sociaux changent encore une fois la donne : certains vignerons deviennent plus célèbres en Californie ou à Singapour que dans leur village !

Ne l’oublions pas, où que nous soyons dans la chaîne de l’œnotourisme (le client, l’agence de voyages, la plateforme de distribution, l’administration du tourisme, l’office du tourisme, l’hôtel…) : cet univers du tourisme viticole gravite autour de l’homme ou de la femme qui vit pour ses vignes et ses vins.

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