Rien ne sert de communiquer, il faut servir à point !

Depuis l’avènement des réseaux sociaux on voit déferler partout une incroyable émergence de nouvelles activités, mais sont-elles toujours aussi pertinentes qu’elle le prétendent ?

Communico ergo sum ! Je communique donc je suis – la recette semble facile. Savoir accueillir est un service en soi, dont le moins que l’on puisse dire est qu’il n’est pas l’apanage français !
La puissance croissante des moyens de communication disponibles n’améliorera pas un service d’accueil défaillant.

 

L’accueil, l’accueil, l’accueil !

L’accueil EST un métier ! Comme Monsieur Jourdain, nous le pratiquons tous sans le savoir. Cette faiblesse nationale (observons notre comportement au volant, pour en déduire le niveau moyen de savoir-vivre en France) ne concerne pas uniquement le monde du vin.
Le sourire, la patience, l’empathie, la disponibilité sont des qualités humaines dont nous disposons tous. Bien accueillir est quelque chose de possible, encore faut-il le vouloir.
Viennent ensuite les compétences plus techniques comme la maîtrise d’une langue, les connaissances oenologiques et/ou agricoles, commerciales … que l’on peut acquérir au fil de l’eau.

L'Oenotourisme, avant d'être une route des vins, c'est surtout l'art de bien accueillir.
L’Oenotourisme, avant d’être une route des vins, c’est surtout l’art de bien accueillir.

Bien accueillir, c’est aussi disposer d’une signalétique efficace, de moyens d’accès pratiques, de confort et d’esthétique. Paradoxalement, ces dernières catégories « matérielles » sont assez bien développées en France.

Souvent, à la suite de visites de caves dans des domaines prestigieux, les clients m’ont fait remarquer la disproportion entre l’investissement technique (beauté des constructions, salle de dégustation confortable, jardin aménagé et parking bien adapté….) et le ridicule de l’accueil (secrétaire peu disponible, anglais inexistant, échantillons de dégustation versés à l’économie, sourire crispé …).

 

L’oenotourisme est un secteur d’activité en soi !

Le monde du vin, s’il désire investir celui du tourisme, doit professionnaliser l’accueil, cela induit des logiques comportementales orientées vers le service, monde opposé à celui du vin qui privilégie l’approche « produit ».

Mais les enjeux, tant en terme de chiffre d’affaire que d’image tournent autour de cette capacité à accueillir.

Plus que la qualité du vin, la qualité de l’accueil va déterminer le succès d’une entreprise œnotouristique, encore plus depuis que les réseaux sociaux comme Trip Advisor ou Foursquare donnent la liberté aux visiteurs d’évaluer la prestation.

Le moyen-âge est fini, nous en sommes au 2.0. Tout nous est permis, mais la contre partie est qu’il nous sera peu pardonné. Pour soigner notre e réputation, commençons par valoriser notre savoir-être !

Le vin, c’est la rencontre !

Notre époque est celle des citadins interconnectés. Les modes de vie se dématérialisent de plus en plus. La « vie augmentée » proposée par le Réseau nous prive des rapports humains essentiels, du dialogue direct, de la rencontre…

 

Le vin, par sa symbolique millénaire, représente ce lien nécessaire au développement des relations, et il est reconnu que les consommateurs de vin apprécie cet élément comme liant social.

Pas de réunion amicale sans vin : le vin est un facilitateur social !
Pas de réunion amicale sans vin : le vin est un facilitateur social !

L’engouement mondial – encore récent – pour le tourisme du vin peut s’expliquer en partie par cette fonction compensatoire de convivialité.

Par ailleurs, majoritairement, le voyage viticole suggère la découverte de territoires non-urbains, un retour aux racines primordiales, une ré-appropriation de valeurs enfouies et devenues inconscientes, et un ré-apprentissage du sensible (texture du sol, senteurs ambiantes, paysages construits par les vignerons, paysages naturels…).

 

Découvrir = rencontrer

Voyager c’est aller à la rencontre, provoquer une part d’inconnu et d’impromptu. Cet esprit d’aventure (même si les clients d’agences de voyages réclament en priorité la sécurité !) est une composante essentielle de la rencontre.

Ce sentiment d’ouverture à l’autre, que l’on déploie à l’occasion de voyages, se voit amplifié par cet esprit du vin qui favorise les échanges, les émotions gustatives, les surprises en tout genres (découvrir une tradition locale du pays visité, partager un service avec un autre voyageur d’une autre nationalité, vivre d’autres rythmes propres au pays, à la prestation, au domaine…).

 

Le vin est un exercice tant intellectuel qu’émotionnel : déguster, c’est exprimer verbalement des perceptions sensibles, voilà toute la difficulté. Cette pratique, quand elle est partagée, trouve une autre dimension, plus ludique et conviviale, un nouvel apprentissage, l’exotisme de la visite, la culture du goût…et provoque plaisir et satisfaction.

Pour tous les intervenants du tourisme du vin, cette dimension humaine de la rencontre est l’axe central de ce nouveau métier : il s’agit du pivot moteur de l’œnotourisme. Le vin est l’une des grandes représentations de l’Homme.

Ignorer cette dimension, c’est méconnaitre l’âme de ce métier en développement.